Le Hyaric et Cavet : deux Normands survoltés
Licques Volailles Classic
L’histoire de cette première édition de
la Licques Volailles Classic retiendra que le jeune Steven Le
Hyaric, un Breton atterri à Évreux, s’est
imposé sur ce parcours d’une incroyable
férocité d’autant qu’un vent à
décorner les boeufs alourdissait encore le menu de la
journée. Mais ce n’est pas lui faire injure de dire
que son leader Tony Cavet lui a sérieusement mis le pied
à l’étrier afin de le propulser vers les
sommets. Des coureurs du calibre de cet Ébroïcien, qui
n’a aucune allure en vélo mais dégage une force
inouïe, la région n’en possède pas. On le
connaît pourtant. Il a déjà gagné
à Pérenchies, à Lys-lez-Lannoy, il fut deux
fois champion de Normandie, et a déjà
épinglé des pros au Tour de sa région natale,
mais souvent en usant de toutes les ficelles du métier.
Hier, il n’a vraiment pas joué au malin car il
évoluait deux étages au-dessus des autres.
Il nous avait d’ailleurs annoncé avant la course
qu’il était venu pour faire gagner un jeune
équipier. Il a tenu parole quand bien même il eut dix
fois montré qu’il avait les moyens de déposer
tous ceux qui auraient voulu lui barrer la route. «
J’ai été victime d’une salmonellose en
début de saison et j’ai repris bien plus tard que
d’habitude. Mais depuis huit jours, je ne sens pas les
pédales » Ses adversaires, parmi lesquels un
très bon David Pagnier, un tout aussi séduisant
Gérald Lavallard mais aussi deux excellentes jeunes pousses
nordistes, Arnaud Molmy et Julien Bailleu, n’ont rien pu
faire pour enrayer la démonstration de force du
visiteur.
Parti dès le départ avec un commando comprenant
déjà tous ceux qui allaient vainement tenté de
lui mener la vie dure, il fut repris une première fois alors
que le peloton explosait de toutes parts pour ne laisser aux prises
que les plus aguerris. Cavet remit le couvert seul à la
faveur du terrible Ventus d’Alembon et de la fameuse bosse de
la Bergère. Comprenant qu’il était encore loin
du but, il se releva favorisant la sortie de Le Hyaric et de
Béhague, un Douaisien qui ne manque pas de jus actuellement,
puis se ravisa, fit le bond pour aller donner un coup de mains
à son copain de club entraînant alors dans sa
chevauchée ce vieux grognard de Pagnier. Une fois la
jonction établie et Béhague écarté, il
s’arrangea pour faire la peau du Douaisien.
Époustouflant !